4 septembre 2008 | Le cardiologue Pierre Lambicchi, 59 ans, a été élu Grand-Maître du Grand Orient de France lors du Convent (Assemblée générale) de l'obédience qui se tient à Lyon.A l'origine, deuxcandidats étaient en lice pour cette élection et la presse mal informée s'était fait l'écho d'une élection difficile. Jean-Paul Bouche, avocat toulousain, représentait un courant plus conservateur, celui du Rite Ecossais Ancien et Accepté, minoritaire au GODF. Par conservateur, il faut entendre non pas une position politique, mais une vision plus resserrée et moins ouverte de la maçonnerie, s'attachant davantage à une tradition plus discrète et symboliste. Jean-Paul Bouche avait annoncé détenir au moins 19 voix au Conseil de l'Ordre.
En fait, Pierre Lambicchi a été élu avec 32 voix sur 35, majorité très confortable qui confirme l'unité du GODF, unité retrouvée avec l'ancien Grand-Maître Jean-Michel Quillardet, malgré quelques soubresauts individuels qui ne reflètaient pas l'esprit général des loges.
Après les années Alain Bauer où la parole du GODF s'était confondue avec l'ego surdimensionné du Grand-Maître et une gestion stagnante du GODF, après les difficultés du Grand-Maître Bernard Brandmeyer, poussé à la démission par une majorité de circonstance du Conseil de l'Ordre, Jean-Michel Quillardet avait été élu dans un contexte difficile, devant assumer des choix stratégiques importants sur la gestion financière et immobilière du Grand Orient.
Celui-ci a cependant su rassembler les loges derrière une politique de bon sens et des décisions nécessaires. Remise en ordre de la filiale immobilière (SOGOFIM) malgré la résistance de dirigeants qui rejetaient leur remplacement (Procès finalement gagné par Jean-michel Quillardet en appel), remise en chantier du projet du Musée de la Franc-Maçonnerie en collaboration avec le Ministère de la Culture, le Conseil Régional d'Ile-de-France et la Ville de Paris.
Seul point sombre : la question de la mixité des loges, voulue par un nombre croissant de frères du GODF, qui n'a pu être résolue sereinement, malgré la prise de position favorable du Grand-Maître et qui devra être traitée par Pierre Lambicchi.
Au terme de son mandat, Jean-Michel Quillardet laisse une obédience en bon état, sereine et en expansion. Sa personnalité a permis au GODF de restaurer une voix authentiquement maçonnique tant à l'extérieur de l'obédience qu'à l'intérieur.