Loge maçonnique L'Eau Vive - Grand Orient de France
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Dan Brown mobilise les francs-maçons à Washington.

"Le symbole perdu" (The Lost Symbol) est le cinquième roman de Dan Brown, auteur du Da Vinci Code, où l'on retrouve le personnage de Robert Langdon, le spécialiste de l'ésotérisme. Mêlant réalité et fiction, le roman reprend la recette des complots qui mettent en péril le monde et dont la clé réside dans l'interprétation de symboles. "Le symbole perdu" est sorti le 15 septembre 2009 aux Etats-Unis (5 millions d'exemplaires) et sortira en France le 26 septembre chez Jean-Claude Lattès.
Les francs-maçons de Washington, dont l'histoire est sollicitée voire réinventée par Dan Brown ont anticipé sur les révélations romanesques du best-seller annoncé.

Le grand écart entre fiction et réalité.

La liberté du romancier est de pouvoir utiliser des éléments de la réalité pour les transformer au gré de la fiction. C'est la recette des romans de Dan Brown. Ce ne sont donc pas les romans de Dan Brown qui posent problème mais bien plutôt la tentation de beaucoup de lecteurs de considérer que la réalité de quelques éléments rend légitime la fiction qui l'entoure.

L'action du "symbole perdu" se déroule à Washington, capitale fédérale des Etats-Unis, où Robert Langdon est confronté à l'enlèvement de son mentor Peter Solomon (subtile référence au Roi Salomon...), franc-maçon et philanthrope. Le héros se lance ainsi au secours de son ami, en suivant une piste de symboles ésotériques, et sera ainsi confronté à une vérité "inconcevable".

Et ça commence mal, selon les indications fournies par l'éditeur américain du roman, la société Doubleday : le roman commence par une cérémonie d'intiation au 33ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Au cours de cette cérémonie, les francs-maçons boivent dans un crâne humain. Ce prologue semble diretement inspiré d'un ouvrage publié en 1887 par un révérend américain, John Blanchard, "Le rite écossais illustré", livre anti-maçonnique dont les thèses sans fondement ont été depuis reprises. Eh oui, le problème de ce premier épisode est que les francs-maçons ne boivent pas dans un crâne, à quelque degré que ce soit !

Washington, ville maçonnique.

Les pères de l'indépendance américaine étaient tous francs-maçons. Washington, Jefferson mais aussi Benjamin Franklin, ambassadeur des jeunes Etats-Unis à Paris, vénérable d'une loge parisienne et qui réussit à convaincre les francs-maçons français, dont le marquis de La Fayette, de participer à la guerre d'indépendance contre l'Angleterre. La capitale fédérale est donc très marqué par l'origine maçonnique de l'indépendance américaine : de nombreux monuments sont d'inspiration maçonnique directe, depuis le Capitole, qui abrite la Chambre des Représentants et le Sénat américain et dont Georges Washington posa la première pierre en costume de fran-maçon.

La ville s'est depuis ornée de plusieurs monuments maçonniques, tels le Mémorial Maçonnique de Georges Washington, le Masonic Hall, qui constituent des curiosités touristiques ouvertes au public.

A l'occasion de la sortie du roman de Dan Brown, la Ville de Washington a mis en ligne un site consacré aux différents monuments maconniques cités dans le livre.
http://washington.org/visiting/experience-dc/the-lost-symbol

Les francs-maçons de Washington réagissent.

Les francs-maçons américains ont décidé de présenter un site internet critique pour lever les erreurs ou interprétations faussées contenu dans le roman de Dan Brown. L'objectif de ces frères n'est en aucun cas de dénigrer le travail de romancier de Dan Brown mais de rétablir, pour les lecteurs, la séparation entre fiction et réalité.

Trois grandes institutions maçonniques américaines ont choisi d'analyser le roman et d'indiquer aux lecteurs les sources d'information de Dan Brown et leur fiabilité. Que Dan Brown use de sources fantaisistes, de légendes erronées, cela appartient à sa liberté de romancier, laquelle n'est en aucun cas contesté. Mais de même qu'aujourd'hui personne ne croit à la réalité historique des Trois Mousquetaires, il est bon de rendre à la fiction ce qui appartient délibérément à la fiction dans ce roman amené à être lu par des millions de gens dans le monde.

La "Masonic Society", regroupant des chercheurs et universitaires francs-maçons américains, le "George Washington Masonic Memorial", musée et centre de recherche maçonnique, et le "Masonic Service Association of North America", centre d'information maçonnique pour le grand public publient un site internet qui se propose de décrypter les éléments maçonniques du "Symbole Perdu".