Le Figaro | 23-11-2009
Fait rarissime dans l'histoire de la plus grande loge maçonnique de France, la justice interne a cassé le vote du Grand Orient, qui avait refusé en septembre de devenir mixte et d'initier des femmes en son sein. Un «comité secret» doit se réunir pour sortir du blocage.
Le Grand Orient, première obédience maçonnique de France, traverse une nouvelle crise sur la question de l'admission des femmes en son sein. La justice interne vient en effet d'annuler un vote souverain du grand convent (l'équivalent de son assemblée générale annuelle) qui s'est réuni à Lyon, le 4 septembre dernier.
Après plusieurs années de débat, les questions de savoir si les loges du Grand Orient peuvent ou non initier des femmes, et si elles peuvent admettre comme membres, des femmes déjà initiées, avaient été soumises au vote des 1.200 délégués. Ceux-ci avaient répondu non : 56 % avaient voté contre l'initiation des femmes et 58,7 % contre l'affiliation de sœurs qui auraient déjà été initiées dans d'autres loges.
Les partisans de l'ouverture formelle des loges du Grand Orient aux femmes (en fait, les loges leur sont ouvertes pour toute une série de travaux mais elles ne peuvent en devenir membres à part entière) ont saisi la Chambre suprême de la justice maçonnique et ont obtenu gain de cause, le 20 novembre dernier. S'il n'y a rien à redire sur la validité du vote de Lyon, il y a bel et bien un «vice de procédure» sur la formulation de la question qui avait été posée aux frères. Dans un souci de clarification, celle-ci avait été reformulée d'un commun accord au dernier moment, mais en dehors du respect strict des procédures. C'est cette faille qui a été utilisée pour casser le vote lyonnais. Cette annulation d'un vote de convent est quasiment sans précédent dans les annales du Grand Orient.
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