Loge maçonnique L'Eau Vive - Grand Orient de France
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30/07/2004 (Libération) - Une affaire de lettre anonyme révèle le malaise de la Grande Loge nationale française

Dans son édition du 30 juillet 2004, le quotidien Libération relate la crise interne à la GLNF, obédience maçonnique française inféodée à la Grande Loge Unie d'Angleterre."Stupeur et tremblements dans les coulisses de la Grande Loge nationale française (GLNF). Mardi 20 juillet, le Grand Maître Jean-Charles Foellner et l'un de ses proches conseillers, le Grand Maître provincial d'Alpes-Méditerranée-Corse et avocat antibois François Stifani, sonnent le tocsin. Le conseil d'administration de l'obédience maçonnique est convoqué promptement au temple de la rue Christine-de-Pisan, dans le XVIIe à Paris, pour un briefing d'importance : une rumeur circule qu'il s'agit d'étrangler au plus vite. Faute de quoi les cartes du pouvoir pourraient être redistribuées sous peu au sommet de la Grande Loge."

La GLNF : de l'ambition aux dérapages

Créée en 1913, à partir de loges dissidentes du Grand Orient, la GLNF (Grand Loge Nationale Française, à ne pas confondre avec la Grande Loge de France) impose à ses membres la croyance en Dieu. Reconnue par la très bourgeoise Grand Loge Unie d'Angleterre, la GLNF s'affirme ainsi seule obédience "régulière" en France, en vertu de principes anglais (les Landmarks) de 1929. La GLNF ne reconnait pas notamment le droit aux femmes de devenir franc-maçonne. Revendiquant 30 000 membres, la GLNF, isolée des autres obédiences françaises, a eu pour ambition de devenir la première obédience française et de doubler le GODF. Malheureusement, cette stratégie a amené la GLNF a recruté massivement et sans beaucoup de discernements. Ainsi beaucoup d'hommes, radiés par le GODF ou la Grande Loge de France (GLDF) pour des comportements affairistes ou des idéologies incompatibles avec l'idéal de fraternité universelle, ont pû trouver refuge à la GLNF puisque celle-ci n'entrenait pas de relations avec les autres obédiences françaises. Le nombre de membres a ainsi augmenté de façon considérable, mêlant dans les loges des frères sincères et de grande qualité à des personnages plus contestables. Résultat : une pluie d'affaires et de crises internes dont la GLNF ne semble pas encore être en mesure de sortie. On se souvient des accusations portées contre la GLNF par le Procureur Montgolfier à Nice. Récemment la GLNF a pris conscience de ce problème et a décidé de rejoindre les structures d'informations de la Maçonnerie Française, en vue d'échanger les informations concernant les transfuges.

L'Afrique : une terre de conquête

La GLNF s'est également lancé dans une stratégie de concurrence à outrance avec la Grande Loge de France, historiquement bien implantée en Afrique. Une stratégie qui privilégie là encore le nombre sur la qualité, en s'appuyant notamment sur des dictateurs locaux (Omar Bongo au Gabon, Sassou Nguesso au Congo). Onsait comment ces deux chefs d'Etat, dont les pays regorgent de ressources, achêtent sans complexe leurs amis. Dans ces pays, devenir franc-maçon est une formalité obligatoire pour qui veut faire une carrière rapide dans les appareils de l'Etat : l'idéal maçonnique y est singulièrement perverti. En décembre 2003, à l'occasion du 90ème anniversaire de la GLNF, deux invités d'honneur étaient présents : Bongo et Sassou Nguesso. Aucun représentant de la République ne s'était déplacé. De quoi faire raler bon nombres de frères de la GLNF. Cette situation fait monter la contestation au sein des loges qui considèrent que cette image sulfureuse est désastreuse pour l'avenir de l'obédience et pour l'idéal maçonnique. Nombre de frères quittent la GLNF pour rejoindre principalement la GLDF et, dans une mesure moindre, le GODF. Ces départs font craindre une situation à l'anglaise : la Grande Loge d'Angleterre est en chute d'effectif depuis plusieurs années. Lire l'article de Libération