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Tradition maçonnique
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 De la divulgation anglaise au rite français
Les rituels anglais des débuts de la maçonnerie spéculative ont été collationnés et construits à partir de rituels opératifs et enrichis symboliquement. Il s'agit d'une démarche d'imitation : les nouvelles loges spéculatives, composées d'aristocrates et de grands bourgeois londonniens, ne sont pas les héritières de loges opératives, comme on peut le lire parfois. Ces loges ont seulement emprunté aux opératifs leurs symboles et quelques aspects rituels pour recréer un symbolisme philosophique entièrement neuf. Cette démarche se situe dans la mouvance des Moderns, influencés par les émules d'Isaac Newton et de la Royal Society, qui pensaient, à l'aube du siècle des Lumières, que l'homme pouvait créer des idées nouvelles sans se rattacher à l'ordre ancien.
Ces rituels étaient tous oraux : ils étaient donc très réduits dans leur forme et se contentaient d'un "catéchisme", jeu de questions-réponses qui permettait le tuilage (Vérification de l'appartenance d'un maçon). Ils étaient appris par coeur, comme, à l'époque, on était habitué à le faire pour les rituels religieux.
Bien évidemment, il existait des "pense-bête" qui étaient des notes synthétiques que se transmettaient les loges pour les apprendre. Ces rituels écrits étaient donc assez différents les uns des autres puisqu'une loge transmettait son rituel, qu'elle avait elle-même enrichi. Les bases sont les mêmes que celles qui sont en activité aujourd'hui.

Les divulgations anglaises
A partir des années 1730, des "divulgations" anglaises ont eut lieu. Ces
divulgations étaient essentiellement anti-maçonniques, faites par des anciens
maçons radiés ou des acclésiastiques, pour montrer l'inanité de la
franc-maçonnerie. Toutefois, historiquement, ce sont des documents précieux
puisque ce sont les seules traces écrites des premiers rituels maçonniques. Citons notamment la divulgation de Samuel Pritchard, de 1730.
Ensuite, les maçons eux-mêmes ont organisé des divulgations plus complètes pour montrer qu'ils étaient de bons chrétiens et qu'ils ne complotaient pas contre la religion. Mais toutes ces divulgations sont l'oeuvre de la mémoire des
rédacteurs.
La tradition orale anglaise est issue de l'héritage juridique normand : la
coutume. Beaucoup de lois anglaises ne sont pas écrites mais fonctionnent selon la coutûme. Ainsi, la Grande Bretagne est encore aujourd'hui la seule
démocratie occidentale qui ne possède pas de Constitution écrite : les rapports
de pouvoir entre le roi, le gouvernement, le parlement et la justice reposent
sur des pratiques et non sur des textes.
Par la suite, des manuscrits ont été découverts dans les archives de loges ou dans des archives personnelles d'anciens maçons.


La tradition écrite française
Lorsque la maçonnerie arrive en France, cette tradition orale est mise à mal. En
France, nous sommes dans un pays latin, héritier des traditions romaines où
tout est écrit. Les rituels sont donc tous traduits, écrits et transmis de façon plus
fidèle de loges en loges. On trouve donc des rituels français, traduits de
l'anglais, à partir des années 1750 et c'est en France que se constituent les
premiers systèmes ritueliques cohérents et unifiés. Cette cohérence va fortement influencer la maçonnerie dans son ensemble puisqu'elle va se répandre sur l'ensemble du continent européen. Elle aboutit notamment au rite français de 1784, appelé aujourd'hui "Rite français traditionnel". Par la suite, au cours de la Révolution et de l'Empire, des émigrés français composeront ce qui deviendra le Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1804. Ce rite, plus conservateur dans l'esprit, n'est pas le plus ancien, comme son nom l'indiquerait, mais ils prétend être l'héritier des traditions des anciens maçons opératifs. Les historiens n'ont jamais pû trouver le moindre indice de filiation directe entre opératifs et spéculatifs, mais au 18ème siècle, on ne s'embarrassait pas des vraisemblances.

Alors que les premiers rites anglais oraux ont disparu, ou n'ont survécu que par bribes, le rite français dit Moderne (du nom de la Grande Loge des Moderns, alias Grande Loge de Londres) demeure la traduction la plus fidèle de ces premiers rituels de la maçonnerie spéculative.




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