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Actualité
Da Vinci Code ou comment décrypter n'importe comment l'affaire Zacharias-Vinci.Dans le numéro du 15/06/06 de Challenges, Martine Orange, rédactrice en chef adjointe du magazine, nous livre un article farfelu sur les dessous de la démission d'Antoine Zacharias, ex-PDG de Vinci. Avec, en toile de fond, devinez quoi ? Un complot maçonnique, ben tiens !La conduite de GrenobleMartine Orange cite dans son article, une lettre de l'avocat d'Antoine Zacharias, le très gourmand ex PDG de Vinci : "Combien d’irrégularités la conduite de Grenoble, dont le président de Vinci a été victime, comporte-t-elle?" et la journaliste de s'interroger : "Pour les non-initiés, la question fait référence à une cérémonie en usage dans les loges maçonniques, au cours de laquelle un membre coupable de vol ou d’escroquerie est exclu. Mais pourquoi avoir recours au langage codé de la franc-maçonnerie? A quel jeu d’influence, à quelle solidarité veut-on ramener les destinataires? " Le problème, c'est que la "conduite de Grenoble" n'a rien à voir avec la franc-maçonnerie... Il s'agit d'une expression venant des compagnons du devoir, nombreux dans les métiers du bâtiment, et qui évoque la mise à la porte, sans ménagement, d'un compagnon convaincu de vol ou d'escroquerie. Vieille expression qui proviendrait d'un jeu de mots entre Grenoble et "gredin", jeux de mots fréquents dans le compagnonnage. Et même si cette expression n'a rien à voir avec la franc-maçonnerie, Martine Orange nous en livre quand même une charretée sur le complot occulte des loges pour contrôler les grands groupes industriels ! Rien que ça !
Cette confusion assez grossière permet à Martine Orange d'élucubrer sur des montages et des stratégies occultes qui gouverneraient les grandes entreprises, par delà l'intérêt économique. C'est trop d'honneur ! Comment imaginer qu'une bagarre d'obédiences, par PDG interposés, pourrait substituer ses stratégies occultes aux ambitions personnelles, aux conflits d'intérêts financiers, à l'appât du gain rapide, à la soif de pouvoir ? Comment croire sérieusement que les millions de stock-options en jeu seraient soumis à quelque influence maçonnique plutôt qu'à la rapacité ordinaire de dirigeants sur-payés qui en veulent toujours plus sur le dos des autres ?
Nous pourrions même regretter que, si certains de ces dirigeants étaient maçons, ils l'oublieraient très vite en voyant les flots d'argent leur passer devant le nez et qu'ils n'hésiteraient pas à ferrailler férocement contre leur propre frère pour s'emparer de la manne ou du pouvoir.
Voici comment, d'une négligence de journaliste, qui ne vérifie pas son information, on en vient à nourrir une fois de plus le fantasme du complot maçonnique à partir de rien. L'article de Martine Orange"L'ombre des loges maçonniques" par Martine Orange, rédactrice en chef adjoint de Challenges
La formule est des plus sibyllines, incompréhensible même. "Combien d’irrégularités la conduite de Grenoble, dont le président de Vinci a été victime, comporte-t-elle?", demandait l’avocat d’Antoine Zacharias dans une lettre adressée aux administrateurs de Vinci. Pour les non-initiés, la question fait référence à une cérémonie en usage dans les loges maçonniques, au cours de laquelle un membre coupable de vol ou d’escroquerie est exclu. Mais pourquoi avoir recours au langage codé de la franc-maçonnerie? A quel jeu d’influence, à quelle solidarité veut-on ramener les destinataires? On pressentait déjà, depuis le début de l’affaire Vinci et du renvoi d’Antoine Zacharias, que tout n’avait peut-être pas été dit. Certes, les rémunérations astronomiques de l’ancien P-DG, ses pratiques isolées du pouvoir justifiaient sanctions. Mais tout ceci avait été supporté pendant bien longtemps, sans personne n’y trouve à redire. Pourquoi? Derrière cette brusque prise de conscience donnée en guise d’explication officielle, n’y avait-il pas quelques intentions, quelques motifs inavoués, dont on comprendrait plus tard les tenants et aboutissants? La lettre d’Antoine Zacharias ne peut que renforcer cette impression. A quelles pratiques obscures fait-on référence? A priori, l’interrogation ne devrait même pas exister. Tout oppose le monde des loges, secret, obscur, à celui des affaires, censé -comme on ne cesse de nous le répéter- être celui de la transparence, du respect des règles de gouvernance. Pourtant, on ne peut que constater que le premier déborde de plus en plus sur le second. Depuis des mois, sans cette clé, certains dossiers semblent être hors de toute compréhension. Des disputes apparaissent, des règlements de compte se produisent, des mariages sont réalisés qui semblent s’inscrire dans un ordre autre que celui de la stricte rationalité économique et financière. La querelle entre la Caisse des dépôts et les Caisses d’épargne, par exemple, aurait-elle pris autant d’ampleur, sans cette dimension là? Aujourd’hui, Vinci paraît être dans le même contexte de lutte d’influence entre loges ou obédiences, avant peut-être d’aboutir à une prise de contrôle par Veolia. Où tout cela s’est-il décidé? Dans des conseils ou dans des loges? La franc-maçonnerie déteste qu’on l’associe à affairisme. Pourtant, elle donne parfois le sentiment de ne pas y être totalement imperméable.
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